« L'ange et la bête - Chapitre 7.2 | Page d'accueil | L'ange et la bête - Chapitre 8.1 »
18 juillet 2007
L'oubli
En ce jour de Toussaint, quelques ombres posthumes,
Nourries de leur chagrin, se fondent dans la brume,
Puis traînent leur peine, le long de ces allées
Comme des étrennes qu’elles voudraient oublier.
Dans un recoin sombre, à l’abri des regards,
Un homme aurait aimé pouvoir marquer l’histoire,
Cette pierre meurtrie de l’usure des vents
Tente de subsister, sans fleurs ni ornements.
Loin de ces convictions, la meute de ses pairs
N’a voulu se pencher pour féconder la terre
Et les seules larmes qui infirment sa rage
Viennent, un peu blasées, de l’âme de l’orage.
Novembre 1998.
08:30 Publié dans Poemes | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note









Commentaires
"Les seules larmes qui infirment sa rage, viennent un peu blasées, de l'âme à l'orage"... D'une déchirante beauté...
Combien de fois n'ai-je pas eu le coeur serré à la vue de ces tombes abandonnées, fissurées, couvertes de mousse, sans fleurs ni ornement, sans aucun regard pour les caresser ? Et de me demander alors si ces êtres avaient été aimés et entourés de leur vivant ? Et s'ils l'étaient, pourquoi leur souvenir semblait s'être effacé de la mémoire de leurs proches, comme eux se sont effacés de la surface de la terre ? Ces visions de tombes abandonnées m'a toujours donné le sentiment que l'on tuait par l'oubli leurs gisants une deuxième fois...
L'oubli. Un texte magnifique que l'on n'oublie pas...
Signé : Koryfeémue...
Ecrit par : koryfée | 18 juillet 2007
Des souvenirs enfouis sous un coeur de pierre, des cris sans t'aime sous les chrysanthèmes, des couronnes usées sur des lauriers oubliés, grands et petits, tous à niveau, j'm pas la Toussaint ni les cimetières et encore moins les cimetières le jour de la Toussaint quand ils fleurissent soudain pour se ré-éteindre aussitôt...
Ecrit par : Kiki | 18 juillet 2007
Koryfée : Tombes sans nom, sans reconnaissance sociale des rituels de commémorations... Tout est encore question d'illusion. Tant que les "oubliés" vivront dans le coeur de quelqu'un, leur mémoire persistera. Certainement de manière moins hypocrite que dans l'affluence mercantilo-distante de début novembre...
Kiki : Je n'ai pas ton talent, une seule phrase a résumé ma pensée : "des cris sans t'aime sous les chrysanthèmes". Merci pour ce pertinent appoint !
Ecrit par : DCANCY | 20 juillet 2007
Je ne faisais pas référence à ces coûteux bouquets de fleurs et autres couronnes, ponctuellement déposées à la Toussaint, lesquels bien souvent ne comportent en leurs pétales qu'un sentiment de devoir accompli, sans profondeur dans les sentiments. Mais ce qui me serre le coeur, ce sont ces tombes abandonnées. Il suffit d'un peu d'eau pour leur rendre leur fraîcheur, de quelques fleurs des champs pour les égayer, et surtout, d'une présence aimante de temps en temps pour les ensoleiller.
Je suis entièrement d'accord avec toi sur le fait que l'être disparu continue de vivre , sous une autre forme, dans notre coeur et dans notre esprit. Pour celui qui aime, les souvenirs qui lui sont rattachés ne meurent jamais.
Ecrit par : Koryfée | 21 juillet 2007
Ecrire un commentaire