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02 novembre 2007
Pas d'ici (Partie 1/3)
« Où suis-je… »
Un bruit continu. Un klaxon.
J’ôte les mains de mon visage, du sang ruisselle, froid, sombre. J’ai un trou de mémoire, je ne me souviens plus…
Le brouillard. Ma colère. La soirée.
Tout me semble si confus, si loin… si proche. Je serre, desserre mes doigts engourdis. Un silence étrange règne autour de moi. Le chuchotement du vent paraît lointain, un autre sifflement s’y superpose. Lentement, je redresse la tête.
Devant moi, le pare-brise éclaté est maculé de sang, tout comme le volant. Les bris de verre se sont éparpillés partout autour, sur moi. Le capot de la voiture, écrasé contre un arbre, répand une vapeur opaque qui s’enfuit dans la nuit. Je referme les yeux, je ne veux pas voir. Je quitte la voiture. Il faut que je marche.
Sans me retourner, j’avance dans la pénombre, dans les hautes herbes. Mon tee-shirt, déchiré et gorgé d’hémoglobine, me colle au corps, à la manière de ces ténèbres qui me prennent. Le bruit du klaxon hurle toujours, perçant dans la lourdeur du silence. Mon père va m’en vouloir, la voiture sortait du garagiste. Le prix des réparations. Plus rien pour partir travailler…trop de problèmes. Je longe la route.
En retrait sur le bas-côté, j’erre, j’essaie de retrouver mes esprits. Mais je peine, le choc très certainement. A cette heure de la nuit, je ne m’attends pas à de l’aide, l’asphalte est plus vide qu’il ne l’a jamais été. Les habitants des environs ne l’empruntent plus, la route est dangereuse, surtout par temps de verglas. Je m’en souviendrai.
A côte de moi, les roseaux tracent le cours d’un maigre ruisseau. L’eau est partiellement gelée, des plaques de mousse flottent encore malgré l’hiver. Un ragondin passe à quelques mètres, peu effrayé. Je me méfie de ces bêtes-là, elles sont sauvages et traînent de sales maladies. Il ne manquerait plus qu’il me morde…Il s’éloigne brusquement puis s’engouffre dans un talus. Je continue de marcher.
Je n’ose pas poser la main sur mon visage. J’ai peur de ce que je vais sentir. Malgré mes doigts gercés, et écorchés dans l’accident, je ne sais pas ce que je pourrais percevoir. Et je ne veux pas le savoir. Le choc ne finit pas de m’engourdir. Je ne sais pas combien de temps je suis resté inconscient, ma montre ne marche plus. Elle indique 2h16min. Le reflet du ruisseau, que je suis inlassablement, tente de me renvoyer une image. J’ai à peine entraperçu l’ondulation de son flot. Tout ça à cause de Marine…
Je devais passer la nuit chez elle. Elle ne sait pas, ne sait plus. Tant d’hésitations la perdent au lieu de la sortir de ses tourmentes. Sans être parfait, je la comprends de moins en moins. D’humeur câline puis exécrable, elle change continuellement sans justification valable. C’est tout ou rien. A vrai dire, je crois même n’avoir jamais été sur la même longueur d’onde qu’elle. Ce soir, une dispute a encore éclaté, une dispute de plus et de trop. Elle voulait mettre un terme à notre histoire mais pas dormir seule. Voilà bien le genre de contradiction qui la caractérise. D’un coup de colère, je lui ai claqué la porte au nez. Et roulé trop vite certainement, je ne me souviens plus. Dire qu’au départ de notre histoire, je lui écrivais des poèmes !
J’ai froid.
Suite demain....
18:00 Publié dans Nouvelles | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note









Commentaires
Sortie de route, sortie de vie, on ne sait jamais trop ce qui nous attend sur le bas côté... Contente de te revoir dans l'e-monde! ;))
Ecrit par : Kiki | 03 novembre 2007
Sortie de route, tout en essayant de sortir de ma bulle... temps gris, temps triste, tant et tant...
A travers les nuages, je vois de ma bulle qu'il "existe en ciel". Idéal avec le changement d'heure !
Ecrit par : Dcancy | 04 novembre 2007
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