11 novembre 2007

Cette musique dans ma tête (1/2)

 

Quand la musique est bonne,

Quand la musique donne ?

 

Tout cela a commencé une fin d’après-midi de janvier. Rentrant d’une visite chez le dentiste, je me baladais tranquillement en voiture. Il y avait beaucoup de circulation, les gens gueulaient, les voitures klaxonnaient. Moi, ça me faisait rire. Voir les jurons voler pour un feu à l’orange, quoi de plus drôle ? Il me sembla même, qu’au loin, un gars était sorti de sa voiture pour aller causer à un autre. Pathétique !

Enfin bref, j’étais confortablement installé dans mon fauteuil. Je crois que je redressais une baguette de pain sur le siège du passager quand ça a commencé. Venant de loin, un bruit de violons lancinant remonta jusqu’à moi. « Encore une de ces chansons pour midinettes ! », me suis-je dit en tournant le bouton de l’autoradio. Mais celui-ci n’était pas allumé. Je cherchais partout autour de moi qui avait la musique suffisamment forte pour que je l’entende à travers les vitres.

Sur ma gauche, un jeune hochait la tête, comme un pic vert excité, sur un rythme techno rapide. Je crus même un instant qu’il allait heurter le pare-brise à se secouer aussi frénétiquement. Pourtant sa musique n’était pas celle que j’entendais. Lui bougeait nerveusement, alors que ce que j’entendais était mou. Et surtout, ses lèvres oscillaient sur des mots qui n’étaient pas les miens. Je me résolus à attendre de sortir des embouteillages pour que ça s’estompe.

Mais la musique continua.

Après une bonne demi-heure de ralentissement, je rejoins mon chez-moi, ma si grande maison. Le tintamarre dans ma tête continua, moins perçant peut-être mais toujours présent. Je n’entendais alors qu’une longue et sourde lamentation de piano, et rien de plus. Je crus rêver mais il n’en était rien. Comme pour me faire réaliser, je repensais à Tante Jeanne. J’avais toujours dit d’elle qu’elle avait un grelot dans la tête. Elle n’aimait pas lorsque je lui disais, mais maintenant c’était moi qui avais tout l’orchestre ! Je décidais, amusé, de m’installer dans mon canapé.

J’éteignis vite la télé car les séries romantico-niaises me faisaient tourner la tête. Pour une fille, j’avais même essayer d’en suivre une ou deux. Mais je ne comprenais rien, comme pour cette musique. Je fis alors un petit somme. On était jeudi et il me restait une dure journée avant le week-end.

Le lendemain, rien ne s’était arrangé. Je me demandais même si ce n’était pas le bruit continuel et obsédant des machines qui en était la cause. Bien que portant un casque de protection et sachant que l’usine était strictement réglementée sur le bruit, j’entendais toujours la musique. Elle rythmait mes gestes, les rendant cadencés et plus véloces. Parfait pour un travail à la chaîne. Pourtant, je ne pouvais pas m’en défaire. C’était fatigant, usant à la longue. La mièvrerie des mélodies commença à me taper sur les nerfs, moi qui étais pourtant d’un flegme naturel. Toute cette histoire finirait bien par passer.

Hélas, non. Je passais alors le pire week-end de ma vie.

Suite demain

Commentaires

Ah, ces musiques qui nous trottent dans la tête sans qu'il n'existe de télécommande pour les arrêter ! Elles peuvent bercer...comme nous agacer lorsqu'il s'agit de musiques publicitaires ou autres rengaines.

Vite, vite, je veux la suite ! Que va nous jouer ce mystérieux juke-box cérébral ?

Ecrit par : Koryfée | 12 novembre 2007

Surprise, surprise, la réponse ne saurait tarder.

Pour ce qui est des musiques qui nous trottent dans la tete, l'idée m'est justement venue d'une chanson que j'avais cru entendre. Mais en fait, non, il ne s'agissait que celle du radio-reveil; entendue le matin même... Je te rassure, je ne t'ai pas dévoilé la fin.

Ecrit par : Dcancy | 12 novembre 2007

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