12 août 2007
Rapport 3 - Le monde secret
Ils sont là, parmi nous depuis la nuit des temps.
Ils nous observent secrètement.
Sans mot dire, sans maudire, simplement lucides.
Ils. Eux.
Ceci est un extrait de leurs rapports d’observation… avant l’invasion finale :
Les chroniques d’outremonde.
- Colon, pouvons-nous lancer l’offensive finale ?
- Non, surtout pas!
- Encore l’Espèce Dominante, je suppute… Que se passe-t-il cette fois ?
- Quelque chose se trame à leur insu. A notre insu. L’intelligentsia fomente un monde secret dont la mise en place projet s’étale depuis bien longtemps. Petit à petit, cette arche de Noé a pris de l’ampleur. Ce monde s’affiche maintenant sans pudeur aucune, dans une finalité suprême. Mais nulle ne se doute de la réelle portée : ils veulent quitter la Terre.
- Comment savez-vous ça, colon ?
- Recoupement d’informations. Le déclic s’est produit à la vue d’un documentaire, ce matin même, sur des autochtones particuliers. Ceux-ci représentent l’idéal de l’Espèce Dominante. A la fois philosophie et matériel. Cette évolution de l’Espèce Dominante est à craindre.
- Qui sont-ils ?
- Les Bisounours. Un monde parfait à mille lieues de leurs considérations. Tout y est si beau, si merveilleux... un modèle Le documentaire dans la boîte n’en montrait qu’une minorité en région brumeuse. Mais c’est bel et bien le but à atteindre. Leur but.
- Hum… êtes-vous sûr de vous, colon ?
- Que oui ! Jamais l’Espèce Dominante dominante (autrement appelée les Occidentaux) n’ont aussi bien et longuement vécu. Ils possèdent tout ce que 90% du reste de la planète rêverait mais ne s’en satisfont pas. Leur nouveau but, leur nouveau stade est celui de ces Bisounours. La boîte à images s’est trahie d’ailleurs juste après le documentaire. Tout est lié, rien ne fait par hasard. Pendant l’éloge à l’accomplissement de soi…
- La publicité ?
- Voilà. Des messages subliminaux y sont distillés. Je crois même avoir trouvé la trace de ce surmonde par le biais de l’une d’elle. Ca indiquait www.mangerbouger.fr.
- Je ne vous suis plus, colon…
- Le monde parfait des Bisounours. Manger sainement, 5 fruits et légumes par jour. Faire du sport. Arrêter le tabac. Ne pas boire d’alcool. Baiser avec des capotes. Ne pas écouter la musique trop fort ou s’exposer trop au soleil et j’en passe. Il y a des restrictions partout ! Pourquoi se privent-ils alors que leur espérance de vie n’a jamais été si grande, leur quotidien si confortable ? Ceci est trop paradoxal pour ne pas dissimuler quelque chose. Quel peut être le meilleur alors qu’ils le possèdent déjà ?
- Vous entendez par-là que les précautions prises auraient un autre but ?
- Bien sûr : le monde des Bisounours. Pourquoi sinon tourner le dos à tant d’habitudes prises qui n’ont jamais influencé le développement de leur espèce ?
- Bien, bon rapport. Ceci est effectivement suspect, attendons d’en connaître davantage avant de lancer l’offensive finale…
- C’est bon, quand est-ce que je peux rentrer alors ?
- Allô…Allô ? … Je ne vous entends pas bien, colon…
- Je disais : je peux rentrer alors ?
- Je passe dans un tunnel…Ca risque de…
Bip… Bip…Bip
- Et zut, encore au mitard !
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01 août 2007
Rapport 2 - Arme de destruction massive
Ils sont là, parmi nous depuis la nuit des temps.
Ils nous observent secrètement.
Sans mot dire, sans maudire, simplement lucides.
Ils. Eux.
Ceci est un extrait de leurs rapports d’observation… avant l’invasion finale :
Les chroniques d’outremonde.
- Colon, pouvons-nous lancer l’offensive finale ?
- Non, surtout pas !
- Encore l’Espèce Dominante, je suppute… Que se passe-t-il cette fois ?
- Ils possèdent une arme de destruction massive. Un pousse-au-suicide inéluctable. Je ne sais encore comment j’ai trouvé la force de ne pas me pendre… Ecoutez donc :
« Entre nous, c'est le temps qui s'enfuie qui s'en fout
C'est la vie qui me prend dans son pouls
C'est le cœur qui avoue
Entre nous,
Entre nous,
C'est l'aveu qui nous brûle en dessous
De nos peaux que l'on frôle, jaloux,
De nos moindres secondes sans nous »
- Mais quel est donc ce supplice auditif, colon ?
- Ils appellent ça Chimène Badi.
- On arrête là, Je tiens à mes troupes. C’est une guerre perdue d’avance ! On va attendre que ça se tasse.
- Quand est-ce que je peux partir d’ici ?
- Vous me l’avez déjà fait, la dernière fois. Sept !
- Perdu, il a repoussé ! La prochaine fois, peut-être…
- Et zut, encore au mitard…
08:30 Publié dans Les chroniques d'outremonde | Lien permanent | Commentaires (5) | Envoyer cette note
28 juillet 2007
Rapport 1 - La poilosité
Ils sont là, parmi nous depuis la nuit des temps.
Ils nous observent secrètement.
Sans mot dire, sans maudire, simplement lucides.
Ils. Eux.
Ceci est un extrait de leurs rapports d’observation… avant l’invasion finale :
Les chroniques d’outremonde.
- Colon, pouvons-nous lancer l’offensive finale ?
- Non, surtout pas!
- Encore l’Espèce Dominante, je suppute… Que se passe-t-il cette fois ?
- Ils se doutent de quelque chose. Ils préparent une armée de riposte. Des humanoïdes ultimes brandis en étendard. Ils deviennent peu à peu les maîtres à penser.
- Que possèdent ces humanoïdes parfaits de si particulier ?
- A vrai dire, je n’en ai jamais rencontré mais ils sont partout. Partout où je pose mon œil, n’importe quelle image sur laquelle se projète mon esprit… Là, juste devant moi par exemple.
- Soyez plus clair, colon !
- J’ai trouvé un livre de propagande pour une partie de l’Espèce Dominante. C’est tellement creux qu’un message subliminal doit être distillé. Cette drogue du peuple se retrouve chez certaines castes, le coiffeur et le dentiste. Ils appellent ça « Femmes actuelles ». Et là, en évidence, l’humanoïde ultime me fixe.
- Qu’est-ce c’est ?
- Une publicité comme ils disent. Pour un liquide à chiottes si je reprends leur vocabulaire.
- De l’eau de toilette ?
- Oui, voilà, une fiole à odeurs pour cacher celles des mâles. L’humanoïde ultime, tel que représenté, n’existe pas. Jeune, musclé et dénué de poilosité. Bien loin des milliers de mâles que j’ai pu rencontrer. Pourtant, il est omniprésent, dicte les conduites. Etrange…
- Qu’entendez-vous par là, colon ?
- L’Espèce Dominante possède un ennemi contre lequel l’humanoïde ultime se bat, une maladie honteuse dont je ne comprends pas les aboutissants. Mais les faits sont là : les poils sont bannis. Et l’humanoïde ultime est devenu le représentant de leur victoire sur le fléau.
- Expliquez-moi.
- L’Espèce dominante est, à la base couverte, de poils. Avec ce qu’ils appellent le temps, le mâle de la rue voit sa poilosité quitter le crâne pour se répandre sur le corps. l’humanoïde ultime non ! Voilà pourquoi cette variante de l’Espèce Dominante est parvenu à obtenir le leadership.
- C’est donc cette forme d’être qui domine les femelles !
- Presque. Car si elles aussi se désherbent au quotidien – chez les femelles la moustache s’appelle duvet - certaines tendent à la recréer artificiellement sur une partie de leur corps..
- C’est-à-dire ?
- Chez la femelle âgée de l’Espèce Dominante – reconnaissable à la poilosité crânienne bleutée – un artifice étrange velu se développe sous les aisselles. Notamment par temps de pluie. Le rituel du « Yorkshire », communément nommé « protéger les papattes à Kiki. ». Dans la boîte à images, on les rencontre surtout en mai, autour d’un jeu de balles à taper avec un manche appelé « Roland Garros ».
- Etrange pratique…cela va à contre-sens de cette chasse à la poilosité, colon ! Ils cherchent à brouiller les pistes, de toute évidence…Quoi d’autres à propos de l’humanoïde ultime ?
- Il existe aussi une variante femelle de ce sur-être. Elles possèdent un rôle bien plus fourbe. Elles se taisent et observent. Dans la boîte à images, en premier rang des émissions, sur des capots de voiture ou brandissant également du liquide à chiottes. Elles non plus ne se rencontrent pas dans l’entourage où je suis parvenu à m’infiltrer !
- Bizarre que ces humanoïdes ultimes se terrent et parviennent à imposer leur philosophie, colon. Qu’en pensez-vous ?
- Il me semble qu’ils se cachent en une forteresse nommée « retouche-graphique ». Un subterfuge grossier pour les protéger.
- Hum… Nous ne pouvons pas engager l’invasion tant que nous saurons pas davantage.
- Non, effectivement…
- Je compte sur vous pour un prochain rapport, colon !
- Bien ! Au fait, je vous transmets les salutations de votre cousine.
- Qui ?
- Brigitte Fontaine.
- Ca y est, elle est enfin parvenue à s’assimiler aux terriens ? Elle a eu du mal avec la téléportation… Je veux votre rapport complet sur l’humanoïde ultime très très vite !
- Quand est-ce que je peux partir d’ici ?
- Combien ai-je de doigts, colon ?
- Heu… ben huit !
- Perdu, sept. Un de mes bébés en a mangé un. La prochaine fois peut-être !
- Et zut, encore au mitard…
08:00 Publié dans Les chroniques d'outremonde | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note








