28 décembre 2007

Ma préférence

497255b2f9838899a530b545f2f590d0.jpgParfois, nostalgie ou hasard, on s'enfourne dans les méandres du passé. Coups de coeur en coups de sang, l'écriture permet de laisser une trace. J'ai retrouvé ce texte de chanson écrit un triste soir d'avril 2002.

 

 MA PREFERENCE

 

 

 

Préférant à aime haine,

Et un le à la peine,

J’ai pris les beaux discours,

Les leçons de moral,

Sans savoir qu’un vautour

Se nourrit en chacal.

J’ai écouté leurs mots,

Vu ces autos brûlées,

Puis, comme un renouveau,

Un premier tour censé…

 

 

La voix du peuple pense,

Hurle et crie au scandale,

Sourire et belle France,

Figure et bonne morale,

C’était ma préférence,

Préférence nationale

 

 

Puisque je nais Français,

J’ai le droit des premiers

Et le pain comme un dû

Des plus bas aux repus,

La clameur et la liesse

De si tristes promesses,

Combat de « bon à rien »

Contre de bons aryens.

 

Je n’avais d’autre choix,

Je n’avais d’autre hâte

Que le dur ou le droit,

République ou diktat,

Un second tour voté

Pour pouvoir tout changer.

 

 

La voix du peuple pense,

Hurle et crie au scandale

Sourire et belle France

Figure et belle morale

C’était ma préférence,

Préférence nationale.

 

 

J’avais une préférence,

Une lointaine espérance,

J’avais foi en l’espoir,

Mais pas celle de ces hommes

De leurs lendemains noirs

Comme une étoile jaune…

 

16 septembre 2007

Stérile

Vertueuse existence parsemée de leurres

Pour une autre souffrance sa mort ultérieure.

Un abandon charnel suit donation de soi

A qui de plus formel que ce sonneur de glas ?

Demeurer immortel en leur cœur arrogant,

Feu désir d’éternel dans l’esprit d’un mourant…

 

Avec le temps lassé restent maintes photos

Et quelques graviers en signe de tombeau.

Il s’en est donc allé et ne rien leur laisser,

Ni d’émois partagés, ni de traces à jamais,

Sans un réel plaisir, juste un amer désir.

Toute une vie à bâtir, sa seule mort pour détruire.

 

                                       

                                                                                                   Juin 1997

18 juillet 2007

L'oubli

En ce jour de Toussaint, quelques ombres posthumes,

Nourries de leur chagrin, se fondent dans la brume,

Puis traînent leur peine, le long de ces allées

Comme des étrennes qu’elles voudraient oublier.

 

Dans un recoin sombre, à l’abri des regards,

Un homme aurait aimé pouvoir marquer l’histoire,

Cette pierre meurtrie de l’usure des vents

Tente de subsister, sans fleurs ni ornements.

 

Loin de ces convictions, la meute de ses pairs

N’a voulu se pencher pour féconder la terre

Et les seules larmes qui infirment sa rage

Viennent, un peu blasées, de l’âme de l’orage.

 

 

 

Novembre 1998.

 

10 juillet 2007

Solitudes (peur)

 

 

 

Le sommeil le rejoint en cette heure avancée

Convenant de la fin de sa chaste journée ;

Il concède un sursis au-delà du repos,

Vient le temps de l’oubli à celui des sanglots.

Comme au cours de la crue se révèle la trêve,

Qui se lie, éperdue, au lit et à sa grève,

C’est au creux de ses bras qu’il entend retrouver

La moiteur de ces draps maintenant délaissés…

 

Aidé de l’envolée qu’il n’a jamais voulue

Sa raison d’exister ne lui appartient plus,

Pourtant il lui faudra savoir tourner la page,

Subir l’anonymat sans ombre et sans ombrage.

 

Un amant la rejoint en cette heure avancée

Concluant de l’entrain de sa faste journée ;

De cette liberté dont elle a tant besoin,

Elle sent l’ambiguïté prendre corps près du sien.

Un manque qu’elle comble par de riches absences,

Dédié aux fantômes de sa vaine espérance,

En se couvrant de bras, elle espère esquiver

L’éternel célibat auquel elle est vouée…

 

Mais leur solitude, seule et unique peur,

Faite d’habitudes et de petits malheurs

S’esquisse au fil des temps, s’immisce dans leur vie,

Dans leurs tendres moments comme en pleine agonie.

  

 

Avril 1998